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  CANCER DE LA CAVITE BUCCALE

Etude 1:

Etude contrôlée randomisée par groupe : dépistage du cancer de la cavité buccale sur la population du district de Trivandrum, en Inde (en collaboration avec le Centre Régional du Cancer, et les services de santé de Trivandrum et de l’Etat de Kerala, Inde)

Le cancer de la cavité buccale est le 11ème cancer le plus fréquent dans le monde. Pour l’année 2000, on estime à 267000 le nombre de cas et à 128000 le nombre de décès, dont deux tiers dans les pays en voie de développement. Le sous-continent indien représente un tiers des cas de cancer de la cavité buccale. L’incidence et la mortalité liées au cancer de la cavité buccale augmente dans plusieurs régions d’Europe, au Japon et en Australie. Le dépistage par inspection visuelle de la cavité buccale semble être approprié pour cette maladie, étant donné les lésions précancéreuses reconnaissables et l’amélioration de la survie après traitement au stade précoce de la maladie. Il reste à prouver l’efficacité et l’efficience du dépistage organisé dans la diminution de la mortalité due au cancer de la cavité buccale. Voici une brève description de l’essai contrôlé randomisé réalisé actuellement à l’échelle mondiale, afin de démontrer l’impact du dépistage du cancer de la cavité buccale sur la mortalité.

Une étude interventionnelle, contrôlée et randomisée sur l’ensemble de la population locale, a été mise en place en octobre 1995, dans le district de Trivandrum, Kerala, dans le sud de l’Inde. Les objectifs étaient les suivants :
(1) Evaluer l’efficacité de l’inspection visuelle de la cavité buccale effectuée par des personnes formées :
a. en empêchant les stades avancés du cancer de la cavité buccale,
b. en empêchant les décès des suites d’un cancer de la cavité buccale,
(2) déterminer les facteurs de participation pour le dépistage, le diagnostic et le traitement;
(3) évaluer l’efficience du dépistage.

Les sujets sains en apparence, âgés de 35 ans et plus, venant de 13 panchayats (un panchayat est une structure administrative rurale) dans le district de Trivandrum, Kerala, en Inde, ont été répartis aléatoirement dans un bras intervention (bras I, 7 groupes, 98245 sujets) pour être soumis à un dépistage par inspection visuelle de la cavité buccale, effectué par des travailleurs sanitaires formés, ou dans un bras témoin (bras II, 6 groupes, 95418 sujets) sans procédure de dépistage actif et précoce. Les critères d’évaluation intermédiaires incluent l’observance des participants au dépistage, à l’orientation, et au traitement, et la comparaison de la répartition des stades dans les groupes étudiés. Les critères d’évaluation finaux incluent la diminution de l’incidence et de la mortalité liée au cancer de la cavité buccale. L’étude a 70% de chances de détecter une diminution de 50% de la mortalité à 12 ans liée au cancer de la cavité buccale, prenant en compte l’effet du plan (effet du plan = 2.4). Les groupes étudiés seront suivis pour déterminer l’incidence et la mortalité liées au cancer de la cavité buccale sur les 6 prochaines années (2004-2010). Le suivi actif des sujets de l’étude par des visites annuelles à domicile sera entrepris pour établir les critères d’évaluation, en plus du lien avec le registre du cancer basé sur la population et les registres municipaux de décès.

Nous avons terminé trois séries de dépistage à trois ans d’intervalle dans le groupe intervention. Quarante-huit pour cent des sujets du groupe intervention et quarante-deux pour cent du groupe témoin ont l’habitude de fumer ou de mâcher du tabac et/ou de boire de l’alcool (p=0.32). La répartition du sexe, de l’âge, de la religion, de l’emploi et de l’éducation sont semblables dans les groupes étudiés. Trente-cinq pour cent de la population admissible ont été dépistés au moins une fois, 26% deux fois et 29% trois fois. 10% des sujets du groupe intervention n’ont jamais été dépistés. Six pour cent (N=5807) des sujets admissibles du groupe intervention ont été dépistés positifs ; 63% (N=3658) d’entre eux se sont soumis à des examens diagnostiques.

Les résultats de la première et de la deuxième série de dépistage ont été publiés (Sankaranarayanan et al., Cancer 2000; 88:664-73; Ramadas et al., Oral Oncology 2003 ; 39:580-88). Après avoir terminé trois séries de dépistage entre 1995 et 2004, 202 cas de cancer de la cavité buccale ont été diagnostiqués dans le groupe intervention et 154 cas dans le groupe témoin, représentant un taux d’incidence du cancer de la cavité buccale de 35.0/100000 personnes par an dans le groupe intervention et de 29.5/100000 dans le groupe témoin (p=0.67). On a diagnostiqué un cancer de la cavité buccale chez 41% des sujets du groupe intervention, et les stades I et II de la maladie chez 23% du groupe témoin (p=0.007). La mortalité liée au cancer de la cavité buccale est en baisse dans le groupe intervention, par rapport au groupe témoin. En octobre 2004, les résultats préliminaires indiquaient 77 décès des suites d’un cancer de la cavité buccale dans le groupe intervention et 85 dans le groupe témoin. On a recensé 70 décès liés au cancer de la cavité buccale parmi les consommateurs de tabac et d’alcool du groupe intervention, et 83 décès parmi les sujets du groupe témoin ayant les mêmes habitudes. Des résultats détaillés de l’analyse finale seront publiés très bientôt.


Etude 2:

Histoire naturelle des lésions orales précancéreuses (en collaboration avec le Centre Régional du Cancer et les services de santé de Trivandrum et de l’Etat de Kerala, Inde)

La plupart des cancers oraux invasifs seraient précédés par des lésions précancéreuses telles que la leucoplasie homogène et non-homogène, l’érythroplasie et la fibrose sous-muqueuse buccale. A ce jour, il n’y a pas eu d’études de suivi à long-terme et systématiques concernant l’histoire naturelle de ces lésions en termes de taux de persistance, de régression et de progression. Il est souvent difficile d’interpréter les résultats dans la littérature, puisque de nombreuses études sont fondées sur les données des hôpitaux et souffrent de plusieurs biais. On n’est pas sûr que les leucoplasies homogènes et non-homogènes, et que les érythroplasies soient des maladies à part entière ou une suite de phases cliniques progressives de la maladie sous-jacente. Dans ce cadre, on a soigneusement reporté les informations du suivi de 4265 cas de lésions orales précancéreuses (1935 cas de leucoplasie homogène, 1535 cas de leucoplasie non-homogène et 796 cas de fibrose sous-muqueuse), identifiés lors de l’étude de dépistage du cancer de la cavité buccale, afin d’étudier l’histoire naturelle de la cancérogenèse orale.


Etude 3:

Facteurs de participation pour le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi du cancer de la cavité buccale, (en collaboration avec le Centre Régional du Cancer et les services de santé de Trivandrum et de l’Etat de Kerala, Inde)

Dans un essai contrôlé randomisé de dépistage du cancer de la cavité buccale, réalisé dans le district de Trivandrum, en Inde, 90% des 98245 sujets invités ont été soumis à un dépistage par inspection visuelle de la cavité buccale, réalisé par des travailleurs sanitaires formés. 40% d’entre eux ont été dépistés au moins une fois, 26% deux fois et 20% trois fois à trois ans d’intervalle. Au total, on a dépisté 6% (N= 5807) de cas positifs, et 63% (N=3658) ont été soumis à des recherches et à un diagnostic complémentaires. Les caractéristiques définissant les participants et les non-participants seront analysées et interprétées. De telles informations seront utiles pour améliorer la couverture des programmes de dépistage.


Etude 4:

Evaluation du programme de dépistage du cancer de la cavité buccale à Cuba (en collaboration avec l’Institut National d’Oncologie et de Radiobiologie, La Havane, Cuba)

Le cancer de la cavité buccale est un problème important à l’échelle mondiale. On recense 263000 nouveaux cas chaque année. Le cancer de la cavité buccale représente 4% des cancers à Cuba. Un programme de dépistage (“Programa Nacional de Diagnostico Precpz del Cancer Buccal”, PDCB) a été créé en 1982 et mis en place dans le pays en 1984. Même si on a demandé aux dentistes d’effectuer une fois par an une inspection visuelle de la cavité buccale chez tous les sujets âgés de 15 ans et plus, cela s’est en fait traduit par un dépistage opportuniste des sujets consultant pour des problèmes dentaires. Après la mise en place de ce programme, une évaluation descriptive n’a montré aucune diminution de la mortalité due au cancer de la cavité buccale, même si elle indiquait un déplacement des stades avancés vers les stades précoces sur les présentations cliniques de cas (Garrotte et al., Epidemiology 1995; 6:428-31).

Une étude cas-témoins a été réalisée afin d’évaluer l’efficacité du programme cubain de dépistage du cancer de la cavité buccale dans la prévention des stades avancés (Sankaranarayanan et al., Oral Oncology 2002; 38:131-36). L’étude portait sur 200 patients souffrant d’un cancer de la cavité buccale au stade III ou IV. Pour les témoins, on a inclus trois sujets sains en apparence, du même sexe, d’un âge similaire (plus ou moins 5 ans), qui habitaient dans le voisinage des sujets malades et qui acceptaient d’être soumis à un questionnaire. Grâce à un questionnaire individuel, on a collecté les informations concernant les conditions socio-économiques, la consommation de tabac et d’alcool, le régime alimentaire et les antécédents de dépistage des sujets. Par régression logistique conditionnelle sur la base de données appariées, et avec un intervalle de confiance (IC) de 95%, on a estimé le rapport de cotes (RC) d’être diagnostiqué positif, associé aux dépistages effectués 1, 2, 3, 6, et 12 mois avant la date de diagnostic du cas. Le rapport de cotes du cancer de la cavité buccale avancé, associé à un dépistage effectué 3 mois avant le diagnostic du cas, était de 0.67 ( IC de 95% : 0,46-0,95). Le rapport de cotes était de 0,91 (IC de 95% : 0,60-1,37) pour un seul test de dépistage et de 0,41 (IC de 95% : 0,24-0,68) pour deux tests ou plus. La protection offerte pas le dépistage durait jusqu’à 3 ans après le dernier test. Cependant, les résultats devraient être interprétés avec précaution, car l’étude avait plusieurs limites, en particulier le fait que les antécédents de dépistage étaient établis indirectement par les questionnaires et que l’étude prenait en compte les cas de cancers avancés, plutôt que les personnes décédées de la maladie.



Autres projets actuels
  • Evaluation du rapport coût-efficacité du dépistage du cancer buccal, en collaboration avec RTI international, USA.
  • Développement d'un atlas et d'un manuel clinique au format papier et numérique pour faciliter la prévention et la détection précoce des cancers de la cavité buccale.

Liens internet

Institut National du Cancer Américain (NCI), page sur le cancer de la cavité buccale
Oncolink, page sur le cancer de la cavité buccale

Site internet des instituts collaborateurs :
Tata Memorial Centre, Bombay, Inde
Trivandrum Regional Cancer Centre, Trivandrum, Inde

Manuel numérique pour la détection des néoplasies buccales précoces (en anglais)





Algorithme de l'étude





Tableau de référence clinique pour l'inspection visuelle (fichier PDF)
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